Le pouvoir à tout prix

On a lu un milliard d’articles sur la crise malgache, on en lira encore un milliard. Je n’y connais pas grand chose au fond, en politique,  je ne suis sûrement pas aussi informée que d’autres qui surveillent spécifiquement ces infos là, mais j’avais envie (oh et puis merde, c’est mon blog non?) d’en parler moi aussi.

Retour en arrière, précisément au 7 Février 2009. Rajoelina, qui convoite le siège de Ravalomanana, alors Président de la République, mène une immense foule le soutenant prendre d’assaut le palais présidentiel. Il fait un beau discours, s’éclipse et fait ordonner que la foule se rue vers le palais. Les militaires qui surveillent le palais mitraillent donc la foule. Horreur. Mon but aujourd’hui n’est pas d’analyser qui de Rajoelina (qui a envoyé la foule sur un champ qu’il savait miné) ou de Ravalomanana (qui a placé les mines sur le champ) est le plus à condamner. Vous pouvez vous faire votre propre idée en consultant le fil des évènements de ce jour sur Top Mada. Mettons plutôt la lumière sur le fait que ces deux hommes, deux businessmen richissimes qui ont su gagné la sympathie populaire pile poil au bon moment pour satisfaire leurs ambitions politiques, ne se sont pas fait une seule égratignure, vivent toujours aussi confortablement (enfin, à quelques différences près) et se querellent toujours alors que la crise sévit, creuse dans les malaises.

Pourquoi ô pourquoi cette fichue querelle est-elle encore d’actualité, 3 ans après, tenant en otage les Malgaches qui veulent avancer (pour ne pas dire survivre) malgré tout ? Enfin, je veux dire : n’est-ce pas le bien-être du peuple malgache qui prime avant tout ? Hilary Clinton et Barack Obama, qui étaient comme chien et chat, ont été capables de mettre de côté leur égo, conjuguant ainsi leurs efforts pour sortir les USA de la crise économique. Ravalomanana ou Rajoelina doivent-ils forcément être Président de la République (enfin, ce qu’il en reste tristement) de Madagascar pour servir le pays ?

Un beau jour, je suis tombée sur un très bon article de Custin d’Astrée, Mettons au pouvoir ceux qui n’en veulent pas ! qui m’a longuement fait réfléchir. En effet, ceux qui se battent tant pour accéder au pouvoir sont finalement ceux qui n’ont eu d’intérêt que pour ses avantages, et non pour les responsabilités qu’il implique envers le peuple. Et je rigole presque quand je repense à la « conquête » de certains politiciens, lorsque les gens disaient qu’ils n’avaient aucune raison de se méfier parce qu’ils sont assez riches pour se désintéresser du business. #COUCOULESNAIFS

Et quand on repense aux 200 partis politiques… Sérieux il y aura au moins 200 personnes qui vont se présenter pour les élections ? Permettez-moi d’halluciner un peu d’abord. (C’est fait). Donc, aucune de ces 200 personnes n’a eu l’idée de s’unir avant d’imaginer pouvoir rassembler les Malgaches (parce que sincèrement, je nous vois très mal sortir de crise en continuant à jouer aux séparatistes) ? On recherche tous la paix et la prospérité du pays, mais ce qu’on est prêt à sacrifier pour être celui qui mènera vers cette prospérité en dit long sur la sincérité de l’engagement. C’est comme de souhaiter le bonheur d’un être qu’on aime à la folie mais de refuser que ce bonheur soit apporté par une autre personne que soi-même.

Une chose est sûre, en ce qui me concerne, entre les promesses non tenues et les promesses qu’on entendra, je ne sais pas pour qui voter.

OH WAIT !

Ah oui c’est vrai, les élections, c’est pas pour demain.

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4 réflexions sur “Le pouvoir à tout prix

  1. Merci à toi ô mOutarde de m’avoir fait découvrir cette pensée « platonnienne » : « Les gens de bien ne veulent gouverner ni pour les richesses, ni pour les honneurs. »

    Alors : « Élisons des gens qui ne le veulent pas : ils s’acquitteront de leur tâche quand-même, sans avoir besoin de faire des promesses intenables, sans vouloir flatter les extrêmes, sans vouloir dire tout haut ce que les gens pensent tout bas. »

    Je vais donc me mettre à chercher THE dirigeant pas parmi les 200 mais ailleurs 🙂

    bien à toi virtual sister

    1. C’est Custin d’Astrée qu’il faut remercier, je n’ai fait qu’appliquer modestement sa réflexion à la crise malgache 🙂
      Et quand tu auras trouvé, fais-moi signe !

  2. Juste un ti commentaire sur les 200 partis politiques…

    De ce que j’en sait, il y a 200 partis politiques, car il s’agit en majorité de « petits » partis qui se répartissent dans chaque fokontoany, ou commune ou ville. Et chaque commune ou fokontany ou ville en compte deux ou trois, voir plus. Ce sont surtout je dirais des partis « de proximité » qui agissent dans leur cercle, leur région. Leur avantage c’est qu’ils font la plupart parti du peuple même et vivent au même rythme et à la même hauteur de richesse que ceux de leur village (ou fokontany ou commune ou ville. bref). Ils ont un vrai relationnel avec ceux à qui ils parlent parce qu’il les connaissent vraiment, ils vivent avec eux, ce sont leurs voisins, leur familles, leurs amis etc…

    Qu’ils s’unissent tous serait compliqué car personne n’a les moyens,qu’ils sont répartis dans tout mada jusque dans les petits villages qui ne sont pas dans les provinces, et..qu’il faudra élire un président du parti des partis. Compliqué, car chacun voudra défendre son fokontany ou autre. Surtout que je pense qu’ils n’ont pas tous d’ambition purement « politique », mais plus d’entraide, de solidarité….

    Bref voili voilou, après je n’ai surement pas la science infuse…

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