Affirmation de soi, victimisation et screugneugneu sur les Internets

S’affirmer n’a jamais été aussi simple, on ne peut que remercier les réseaux sociaux. Même ce blog n’aurait jamais vu le jour sans cette liberté salvatrice. Cette dernière n’est certes que superficielle, je vous le concède, étant donné la censure, les représailles (parfois mal placées) ainsi que le package d’ennuis judiciaires auquel on peut s’exposer avec en bonus : la prison.

Toutefois, ce pouvoir revêt un « fabuleux » double tranchant. Tout le monde peut donner son avis sur tout et n’importe quoi, et quasiment n’importe comment. Parfois, ça me fait des lectures follement amusantes sur Facebook, dont les utilisateurs remportent la palme du WTF (sur Twitter au moins ils sont limités à 140 caractères, ouf).

Au-delà de la gué-guerre QUI A RAISON versus QUI A TORT, il y a un type d’internautes pour lesquels j’ai développé une violente allergie : les screugneugneu-victimes.

Qu’est-ce ?

Une espèce en pleine expansion sur les internets. Ils sont plus ou moins ouvertement : sexistes et/ou racistes et/ou homophobes, à vrai dire toutes les formes d’intolérance y passent.

Leur discours ?

Les screugneugneu-victimes réclament le droit de pouvoir exprimer leur haine sans être taxés de fachos. Car dès qu’ils l’ouvrent, les malheureux se sentent écrasés par « la société qui impose la vision unique de la tolérance ».

 

Une fois, j’en ai croisé un…

Une fois, alors que j’avais réagi sur une publication Facebook lambda qui sentait carrément la misogynie dans les commentaires, un parfait inconnu m’a par la suite contactée pour échanger sur une messagerie.

Tout a commencé de manière on ne peut plus cordiale. On se faisait presque la révérence tout ça tout ça, malgré le ping-pong vif d’arguments qui avait précédé sur la publication. A vrai dire, je n’y pensais même plus, et j’étais assez pressée de me rendre au travail. Toujours sur le chat, il a fait remarquer que je donnais l’impression d’être une personne philosophe après avoir stalké mon profil, j’ai éclaté de rire telle une dinde en priant que ce n’était pas une tactique pour me pécho.

Et puis d’un coup comme ça, il a commencé à évoquer à quel point il se sentait malheureux et incompris. Pour tout vous dire, je n’en avais honnêtement rien à faire mais comme les embouteillages s’éternisaient, que toutes les conversations de groupe avec les copains étaient désertées depuis au moins trois bonnes heures et que Twitter était envahi par des commentaires sur un certain Neymar, j’ai pris sur moi et j’ai continué la discussion.

Il paraît que je suis plutôt une badass pour faire parler naturellement les gens tourmentés. Ne me demandez pas pourquoi ni comment, il existe des gens doués pour chanter, courir plus vite que les autres, moi mon truc c’est être un mur de lamentations sur pattes – et de le faire bien. Et donc, ce monsieur qui est apparu comme par magie 20 minutes auparavant dans mes notifications se plaint que ses avis étaient mal compris, voire pas du tout compris. Dans un premier temps, je le rassure. Après tout, c’est le genre de chose qui m’arrive aussi parfois, sur tout un tas de sujets. Sauf qu’à la différence, je ne débarque pas dans les messages privés de gens avec qui je n’ai JAMAIS eu d’échanges pour déballer à quel point ça m’affecte, moi. Ainsi je poursuis en me renseignant  sur quels sujets il a du mal à faire accepter son point de vue, histoire de montrer un peu mon intérêt.

J’ai pris sur moi jusqu’au bout sans éclater et MEGAWIN j’ai réussi sans effusion de sang ! Tellement que j’ai pris de quoi devenir championne de body building intérieurement en quelques minutes (je dis bien intérieurement).

Le mec était un vrai screugneugneu-victime de première. Il ne comprenait pas en quoi ça faisait de lui un extrémiste, le pauvre chou. Il n’avait rien à voir avec le Front National, rien à voir avec Trump, ne regarde pas TPMP et n’a rien à voir avec les nazis, alors pourquoi ô pourquoi parce qu’il ne rentre pas dans le « moule commun de la tolérance » il devrait être pointé du doigt pour des idées que la société qualifie d’extrémistes. N’a-t-il pas droit lui non plus de jouir de sa liberté de pensée ?

Bref.

Pourquoi ces gens me pètent tant les boobs ?

 

  1. Ce sont eux les oppresseurs

Je répète pour ceux qui n’ont pas suivi : ce sont des intolérants. Encore, voyez-vous, si cela ne s’appliquait qu’à leur seule vie, WHO CARES, LOL. Or, ils ne veulent surtout pas accepter que d’autres puissent vivre et penser différemment de ce qu’ils ont décrété, ou alors ils ne veulent pas renoncer à leur suprématie : l’homme doit continuer à dominer la femme, le blanc n’a pas à partager son pouvoir avec les autres peuples, le couple hétéro est le seul modèle valable dans une famille, etc. (Ce ne sont que des exemples, il en existe d’autres)

  1. Ils n’assument rien

D’abord, ils n’assument pas ce qu’ils sont. Forcément, car des termes comme «misogyne » et « fachiste » effraient, car ils au fond d’eux ils savent que c’est négatif. Il est vrai que les temps sont durs pour les fachos, impossible pour eux d’affirmer leur supériorité sur les autres peuples trankilou sans s’attirer de shitstorm.

D’autre part, ils n’assument pas leur position d’oppresseur, sans doute du fait que ce rapport de forces est absolument normal à leurs yeux. Et que se passe-t-il lorsqu’ils comprennent que non ce n’est pas comme cela qu’un monde juste et équitable devrait fonctionner ? Voir point suivant.

  1. Ils revendiquent ce qu’ils voudraient retirer à ceux qu’ils méprisent

Il faut quand même avouer que changer de système ou ne serait-ce que l’envisager revient à mettre les screugneugneu-victimes en danger (pour de vrai). Dans le sens où ils ne seraient plus les seuls à détenir le pouvoir, les richesses, la parole, la liberté. Ils vont devoir *partager* avec les autres, avec ceux qui diffèrent d’eux. Et comme ils ne veulent pas, ils préfèrent se conforter dans une vision du monde où le lobby d’une cause pro-tolérance qui les exècre dominerait la planète. Ce qui appuierait leurs pleurnicheries du coup, comme ils seraient ainsi donc minoritaires. Alors du coup, il faut absolument que leurs voix s’élèvent bien plus fort encore que ceux des « puissants lobbies écrasants » pour se faire entendre. Cette inversion des rôles n’est pas seulement délirante, elle est à vomir.

Dans le monde dans lequel nous vivons, y a-t-il plus de riches que de pauvres ?

Y a-t-il plus de pays qui autorisent les mariages gays que ceux qui l’interdisent ?

Y a-t-il plus de femmes dirigeantes que d’hommes aux commandes des institutions et des plus grandes entreprises ?

Alors, chers screugneugneu-victimes, je vous prie de redescendre sur Terre ! Ce sont toujours les mêmes qui dominent, les mêmes qui décident, les mêmes qui prennent aux autres et il faudrait aussi que ce soit ces mêmes-là qu’on préserve car ils ont bobo à leur héroïque ego ? Un ego nourrit depuis des millénaires à l’obscurantisme. Sans dec’ ?

Toujours pas convaincus ?

Si vous en avez la force, analysez donc l’actualité. Quel gouvernement a déclaré d’être victime d’une presse (quasi-muselée et sans cesse intimidée) qui diffuserait des informations fausses ? Quelle super-puissance planétaire cherche à fermer ses frontières, car elle se sent victime, aux peuples venant de pays où elle a participé à la guerre ?

Vous pouvez aussi essayer de mettre en évidence des exemples (nombreux) de sexisme ordinaire dans la vie de tous les jours (ou si un jour je m’énerve suffisamment, qui sait, j’en fais un billet ?). Si comme moi, vous vous faites traiter de féministe castratrice, ça y est, la victimisation est en marche. Et si la personne vous recontacte par la suite pour vous faire son numéro de malheureux le plus à plaindre sur la planète, ou vous dit une phrase sans conteste misogyne commençant par « je ne suis pas sexiste mais… », alors jackpot ! Vous êtes face à une screugneugneu-victime.

Alors, faut-il être tolérant envers les intolérants ? M’est avis que les personnes sont libres de leurs choix. Ils sont libres de penser ce qu’ils veulent après tout, tant qu’ils ne font pas de mal aux autres car « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres » (aka, si tu veux qu’on t’épargne les bawls, épargne aussi celles des autres). Tout comme je suis libre de les trouver cons, et je me retiendrai de les frapper pour cela car il faut bien des cons dans le monde pour permettre aux personnes mortellement banales de se démarquer (je suis hyper sympa z’avez vu). Juste, qu’ils ne viennent pas quémander un micro-morceau d’estime. Parce qu’être intolérant c’est une chose, demander à être applaudi pour ça, faut vraiment pas déconner non plus.

Car ils n’auront qu’un suppositoire XXXL à la moutarde forte administré directement (et pas dans leur nez) s’ils viennent encore m’importuner.

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@m0utarde (la seule, l’unique)

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Amour, Gloire et Indocilité

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Encore un dessin de Mrzyk & Moriceau que je kiffe.

Je ne veux pas avoir besoin d’un homme pour respirer. Je ne veux pas que le fait d’être en couple ou non conditionne mon existence ou mes émotions. Cela ne me rend pas pédante, car je ne méprise pas l’amour ni les gens amoureux. Au contraire, l’amour c’est trop pipou. Je crois toujours que quelqu’un m’attend pour me rendre très heureuse, pour vivre avec moi des instants incroyables, et pour chercher la beauté dans la banalité et le bonheur dans les petites choses. D’ailleurs, malgré tout, j’affectionne les petits jeux de séduction et l’idée même d’être amoureuse. C’est juste qu’il est hors de question que cette personne soit « ma moitié ». NON, NON et autant de fois qu’il le faudra jusqu’à ce que les gens en chient par les oreilles : NON.

Je n’ai pas eu besoin d’homme pour arriver là où j’en suis. Je n’en ai toujours pas besoin. Et qu’on se le dise, je n’en aurai pas besoin demain, ni le jour d’après.

Alors quand les gens disent « non mais les hommes, si tu montres pas que t’as besoin d’eux, ils se sentent diminués han », même si ce sont des proches qui partagent un constat sincère, NON. Ce n’est pas à moi de ménager l’importance qu’une autre personne ressent d’elle-même. Pas plus que je n’ai pas à défaire mon entièreté pour combler quoi que ce soit chez qui que ce soit.

J’ai bataillé pour me construire, seule, et pour me reconstruire, seule. Donc, bordel de cul poilu, chacun porte sa putain de croix.

J’aspire à être un individu accompli. Et tant que je n’ai pas rencontré une personne qui aspire aussi à s’épanouir individuellement, sans me pourrir mon espace, je me réserve le droit de faire ma route sans qu’on ne m’encombre avec des egos complexés.

Navrée de décevoir les romantiques inconditionnels, mais ma logique est mathématique : je préfère deux être entiers qui s’accompagnent à deux moitiés d’êtres qui se complètent. C’est très compliqué à défendre dans une société où à l’approche de la 30aine, si tu n’as pas encore enfanté tu es vue comme une paria, à croire que tes ovaires vont se désintégrer demain. Ajoutez à ça mon entourage qui en remet régulièrement une couche en disant que je fais peur aux hommes.

Mais franchement vous dire, BALEC. Mes standards ne sont pas à brader, okay ? Bradez les vôtres, et assumez-en les conséquences histoire de meubler le vide de votre vie. Vendez même le cul de vos parents si ça peut vous faire trouver quelqu’un qui voudra bien vous épouser. Laissez-moi en dehors de ça, si possible. Puis ça fait des lustres que je n’écoute plus ce que les gens ont à dire. Alors balec, balec, balec.

Donc, à ceux qui ont besoin de se sentir importants aux yeux de l’autre pour donner du sens à leur relation et qui envisagent un tel bordel avec moi : merci, au revoir, sourire commercial, bottage de cul en pensées (ou pas) + coup de pelle dans les bijoux de famille + doigt d’honneur. Le package complet, ouais.

Je vous vois répliquer : mais si on n’a besoin de personne, alors à quoi bon aimer ? J’ai eu ce débat des milliards de fois. Et je l’aurai encore longtemps, jusqu’au jour où je dégainerai un flingue à cette question. WHY SO MISERABLE ? Aimer, à mon sens, c’est partager sans espérer quoi que ce soit, juste par pure envie. C’est apprécier comment la présence de l’autre nous enrichit, sans que son absence ne nous démunisse. Ce n’est pas « je te donne et j’exige que tu me donnes aussi car c’est comme ça doit marcher sinon je vais me sentir mal bouhouhou ouin ouin ».

Tout le monde n’est pas d’accord avec ma conception, ce n’est pas grave. Tant que le monde me fout la paix et ne m’oblige pas à penser comme lui.

Si l’homme de ma vie existe, je ne veux pas avoir besoin lui, ni qu’il ait besoin de moi. Et encore moins qu’il me guérisse, pas plus que je ne veux pas avoir à le sauver. Ouais, on emmerdera le concept de la dépendance à la con. Et cela n’empêche pas de se vouloir mutuellement. Cela n’empêche pas qu’on sera des badass. Cela n’empêche pas d’apprécier la beauté dans nos fêlures. D’ailleurs, j’aime les admirer et écouter leur histoire, les caresser sans vouloir en chercher le miracle absolu. Le court métrage « Je suis une rencontre » résume très bien ce que je veux dire.

Aller, hop, un peu de mièvrerie. #KeurKeur

Bisous. Et je lève mon verre aux destins provoqués.

@m0utarde

Pourquoi le fanatisme végan commence sérieusement à me les briser.

 
(Dessin par Mrzyk & Moriceau, qui fait des illustrations bien kiffantes)

Je lis beaucoup de choses sur le véganisme, très à la mode en ce moment, et je comprends. Le problème : ça commence sérieusement à me broyer les couilles (oui j’en ai, kestakru) avec le discours moralisateur des VegaNazis. Et pourtant, je me suis toujours efforcée de respecter les régimes alimentaires spécifiques dûs à la culture, des problèmes de santé ou à un engagement individuel.

Comme si ça ne suffisait pas d’être jugé sur l’apparence extérieure (fringues, maquillage, attitude toussa toussa), maintenant nos choix sur alimentation aussi y passent. C’est quoi la suite ? Être jugés sur notre manière de nous torcher le cul ?

Si vous ne voulez plus rien ingurgiter qui soit d’origine animale, ou qui perturbe d’autres animaux, au lieu de juger sans sommation les autres allez jusqu’au bout de votre démarche. Par exemple, vous pourriez :

– vous débarasser de tout ce que vous avez en cuir, en laine, plumes, peaux de bête et en soie.

– laisser une colonie de poux et de morpions proliférer sur votre corps

– cesser de discriminer les animaux invisibles à l’oeil nu et éviter de les bouffer aussi

– ne pas manger les plantes car ça fait moins de nourriture disponible pour les animaux non-carnivores

JE RAPPELLE, je n’ai rien contre les vegans, ni contre ceux qui ont une alimentation différente de la mienne tant qu’ils me foutent la paix.

Vous êtes en meilleure santé depuis le véganisme ? Super. Vous vous estimez meilleurs humains que les autres, okay super mais je m’en fous royalement. On galère déjà pas mal à unir l’humanité avec les conneries sur la religion et les intérêts politiques, alors venez pas en plus faire chier pour la bouffe.

Oui, il existe de puissants mécanismes sombres et injustes qui s’appellent lobby. Oui c’est regrettable.

Oui, si tout le monde faisait pousser sa propre bouffe et ramassait sa propre merde sans doute on serait dans un monde moins crade. Le débat n’est pas là.

Oui, c’est dommage que d’autres êtres vivants souffrent pour nous nourrir. Mais la nature n’est-elle pas ainsi faite ? D’où le petit recueillement (pour ceux qui le pratiquent) avant de manger pour remercier ceux dont on a pris la vie pour nous nourrir ?

D’autant que je vis dans un pays où choisir la qualité de sa nourriture est encore un luxe pour 95% de la population. Je ne suis pas plus contente que les moralisateurs de voir mon peuple se nourrir de nouilles lyophilisées, de biscuits bourrés d’huile de palme, de sucreries en aspartame et toutes les autres saloperies. Chez moi la majorité gens se foutent de bien manger, tant qu’ils mangent, et y’en a un sacré paquet qui s’en frottent les mains.

J’ai grand espoir que ça change un jour. Et je doute que ce soit en se jugeant les uns les autres qu’on y arrivera.

Alors stop. Et merci. Ah, et par avance, bisous les #Veganazis 💚

@m0utarde

ALO UI CER FRANCOPHONIE

​Les préparatifs du sommet de la Francophonie font pas mal de bruit dans l’actualité à Madagascar, qui accueillera d’ici quelques semaines ce prestigieux événement.

Bien entendu, je ne mets pas en doute les supposées retombées économiques, évidemment que c’est une opportunité. Mais pour être à même de pouvoir en profiter, nos moyens suffisent-ils vraiment ? Ces moyens sont-ils réellement utiles affectés à ce balai de mise en place de caches-misères ?

TOI AUSSI JOUE AVEC MOI A « SOYONS NAÏFS ET BÊLONS DES QUESTIONS POUR MEUBLER LE VIDE DE NOS VIES »

Pourquoi dans le Sud de Madagascar je ne vois pas le même empressement digne d’un lapin pressé de jouir pour bâtir des écoles et des hôpitaux ?

Pourquoi lorsqu’il s’agit d’impressionner les étrangers, tout le monde est au taquet ? ( = Pourquoi y a-t-il des faux handicapés qui font la manche ?)

Pourquoi le sort des citoyens malgaches ne déchaîne pas la même putain de passion ?

Pourquoi tout s’est fait à la dernière minute malgré le timing LAAAAAAARGE qu’on avait pour tout mettre en place comme il faut ?

Pourquoi dans des pays supposément démocratiques, les gens se font élire par défaut et non par pure conviction ?

Pourquoi la guerre ?

Pourquoi la pauvreté ?

Pourquoi la haine ?

Pourquoi y a-t-il des gens qui se gourent encore à dire « chocolatine » au lieu de « pain au chocolat » ?

Pourquoi ta gueule Moumou ?

OKAILLE je redisparais pour ne ré-apparaître que lorsque j’aurai trouvé des réponses admissibles et puis MERDALORJENAIMARRRH.

@m0utarde